
Pysae tourne sur 90 véhicules. On est content du service fourni. Un SAE, ce n'est pas un outil qu'on déploie et qu'on laisse vivre, il faut l'alimenter, le suivre, vérifier que les nouveaux conducteurs l'utilisent correctement. Si on lui accorde du temps, on arrive à avoir un bon niveau de service.
Remy Ferreol, Adjoint au DSI, M TAG
M TAG est une société publique locale (SPL) qui gère, depuis 2021 et pour le compte du SMMAG (Syndicat Mixte des Mobilités de l'Aire Grenobloise), l'ensemble du réseau bus et tramway de l'agglomération grenobloise, sous la marque M Réseau.
Le réseau dessert 440 000 habitants sur 49 communes et 541 km², avec 1 490 salariés dont 888 conducteurs et conductrices. Il comprend 5 lignes de tramway, 14 lignes de bus Chrono, 37 lignes Proximo et 55 lignes Flexo, premier réseau au monde 100 % accessible. Le parc roulant compte 243 bus (144 GNV, 56 hybrides, 7 électriques) et 103 rames.
En septembre 2024, l'extension du périmètre géographique du SMMAG entraîne le transfert de 10 lignes régionales vers M TAG : les lignes C11, C12, C13 (lignes express à haut niveau de service) ainsi que les lignes 80, 82, 84, 85, 86, 88 et 90, soit environ 90 véhicules répartis chez trois exploitants sous-traitants.
Ce transfert administratif cache un problème technique immédiat : avec les lignes, M TAG hérite aussi de la perte du système d'information régional. Jusqu'alors, c'est le SAE de la Région qui assurait le suivi en temps réel des véhicules et l'information voyageurs. Au moment du transfert, la continuité de service initialement prévue n'a dans les faits pas été assurée.
Le résultat : du jour au lendemain, trois acteurs se retrouvent dans le noir. Les transporteurs n'ont plus aucune visibilité sur leurs véhicules dès qu'ils quittent le dépôt. Les voyageurs n'ont plus accès à l'information en temps réel sur ces lignes. Et le SMMAG, autorité organisatrice, se retrouve incapable de piloter ses six contrats d'exploitation sans aucune donnée terrain.
À cela s'ajoute une contrainte technique spécifique : une tarification zonale sur ces lignes. Certains titres de transport sont acceptés ou refusés selon la zone géographique du véhicule. Sans lien entre le SAE et les valideurs embarqués, impossible de maintenir cette logique tarifaire. Face à cette situation, le SMMAG prend la décision : il faut déployer un SAE sur ces lignes, rapidement.
M TAG examine le marché et se tourne vers Pysae. Quatre critères ont été déterminants.
M TAG contractualise en mars 2025. Dès le départ, l'équipe fait un choix structurant : dédier une ressource humaine au projet. Un collaborateur est mobilisé à temps plein pendant six mois pour coordonner l'ensemble du déploiement, organisation des installations, suivi qualité, conduite du changement et formation des conducteurs.
Pour le matériel, M TAG choisit l'intégrateur ICN, partenaire recommandé par Pysae, avec du matériel RAM Mount reconnu pour sa robustesse. La timeline : achat et contractualisation de mars à avril, installation, paramétrage, formation et tests des interfaces de mai à août, marche à blanc en août, lancement le 1er septembre. Le 1er septembre 2025, les 90 véhicules sont équipés et opérationnels. Le pari est tenu.
Le déploiement de Pysae a permis de rétablir une chaîne complète d'information et de pilotage sur les 10 lignes transférées.
Côté information voyageurs, les flux temps réel sont désormais intégrés à l'application Pass Mobilité M, source unique d'information de l'agglomération grenobloise. Pysae se positionne comme fournisseur de données en alimentant le SIM du SMMAG via des flux GTFS-RT.
Côté pilotage contractuel, le SMMAG dispose maintenant d'une visibilité complète sur l'exécution des services assurés par ses trois exploitants sous-traitants. Avant, il n'y avait rien. Aujourd'hui, le SMMAG suit les engagements contractuels en temps réel.
Au-delà de ces deux objectifs principaux, Pysae a également permis :