SAEIV

SAEIV et villes moyennes : qu’est-ce qu’une ville moyenne ? (1/4)

En matière de SAEIV, les villes moyennes constituent un marché à part avec des problématiques très spécifiques. Le fonctionnement de ces agglomérations de taille intermédiaire se distingue de celui des grandes métropoles et ne peut non plus se satisfaire de celui des celui des transports interurbains régionaux. Avant d’aborder les problématiques propres à ce type de villes, commençons par en définir les termes :qu’est-ce qu’une ville moyenne ?

Dans une série de quatre articles, nous allons aborder la problématique de l’implémentation des SAEIV dans les villes moyennes.

Une ville moyenne, c’est quoi ?

Une ville moyenne est une notion couramment employée qui désigne une agglomération de 20 000 à 100 000 ou 200 000habitants. La France compterait environ 200 villes moyennes et 160intercommunalités appartenant à cette catégorie. Les villes moyennes rassembleraient ainsi 26% de la population française, soit 16,35 millions d'habitants.

La CAVEM (Fréjus-Saint-Raphaël), Montbéliard, Quimperlé, Dreux, Lannion-Trégor, Caux-Seine-Agglo, Bressuire ou encore Brive-la-Gaillarde sont des agglomérations de taille moyenne.

Les réseaux de transport des agglomérations de taille moyenne possèdent généralement entre 50 et 300 véhicules. Ils peuvent être composés :

  • De lignes urbaines, exploitées avec des bus
  •  De lignes périurbaines, exploitées avec des bus ou des cars
  • De lignes scolaires, également exploitées avec des cars

Auparavant, les lignes urbaines étaient exploitées par de petits réseaux, tandis que les lignes périurbaines et scolaires étaient sous la responsabilité des départements. Depuis 2015, la loi portant sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République (loi NOTRe) redistribue les compétences attribuées aux régions et aux collectivités territoriales. Elle attribue davantage de compétences aux régions en matière de transport de voyageurs et incite les petites intercommunalités (EPCI) à fusionner. Plus d'informations ici.

La mobilité dans une ville moyenne

Les réseaux de transport des agglomérations de taille moyenne ont des besoins spécifiques en matière de mobilité, notamment pour l’exploitation de leurs réseaux de transport en commun.

Voici quelques-unes des caractéristiques des villes moyennes :

  • Les agglomérations moyennes possèdent généralement un seul mode de transport, de type bus ou car. Elles ne gèrent pas de mode de transport « lourd » comme les tramways ou les métros. Certains réseaux peuvent comporter une ligne de BHNS (Bus à Haut Niveau de Service).
  • Elles exploitent un réseau de bus urbain de taille limitée, qui représente rarement plus de 70 véhicules.
  • L’exploitation fonctionne principalement à l’horaire, à l’exception de quelques lignes urbaines qui peuvent être exploitées à la fréquence, avec des intervalles de 7à 10 minutes.
  • Ces réseaux rencontrent peu de difficultés de congestion routière par rapport aux réseaux des grandes métropoles.
  • À la différence des grandes métropoles, ces réseaux étaient jusqu’à récemment relativement petits et se sont développés à la suite de la loi NOTRe. On compte ainsi un bon nombre d’agglomérations de taille moyenne qui ne possèdent pas ou peu d’historique système.
  • La sous-traitance et la co-traitance sont fréquents, ce qui pose des questions en termes de coordination et de responsabilité pour la gestion de la qualité.
  • Avec la loi NOTRe, ces réseaux font face à de forts besoins de professionnalisation de leur exploitation. En effet, exploiter 50, 100, 200 ou même 300 véhicules commence à nécessiter des outils performants et robustes.
  • La clientèle qui emprunte les transports en commun de manière volontaire – aussi appelée clientèle non captive – est en constante augmentation, notamment sur les lignes urbaines. La qualité de service est donc un enjeu de taille pour séduire ces utilisateurs.

Témoignage

Olivier, Directeur dans un grand groupe de transport de voyageurs :

« Aujourd’hui une ville moyenne s’inscrit généralement au cœur d’une intercommunalité plus large. Avec ce phénomène, les réseaux évoluent : intégration de lignes interurbaines, modes actifs, développement de l’intermodalité, billettique unique… Les villes moyennes deviennent ainsi plus ambitieuses en termes de mobilité pour leur réseau et sont plus exigeantes sur les outils déployés. »

Nous avons compris que les villes moyennes s’inscrivent dans un fonctionnement à part qui ne peut s’apparenter à celui des grandes métropoles ou des territoires ruraux.

Dans nos prochains articles, nous reviendrons plus en détail sur les besoins fonctionnels spécifiques concernant les SAEIV (Systèmes d'Aide à l'Exploitation à l'Information des Voyageurs) pour les agglomérations de taille moyenne.

Si vous souhaitez nous partager vos retours d'expérience et vos remarques sur le sujet, vous pouvez nous écrire à contact@pysae.com.