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Interview : la gestion de la crise du COVID-19 à Briançon

Les transports urbains de Briançon à l'heure du COVID-19.En plein cœur de l’épidémie du COVID-19, nous avons interrogé Valérie Arnaud, directrice du réseau urbain de Briançon (TUB). Nous avons voulu comprendre comment le réseau TUB gérait la crise et quelles solutions sont mises en place pour maintenir le service de transport aux voyageurs.

Pouvez-vous nous présenter le réseau de Briançon ?

Valérie : La ville de Briançon se situe au cœur des Hautes-Alpes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. La société Transdev Briançon gère l’exploitation du réseau TUB, Transport Urbain de Briançon depuis 2010. Le réseau de transport compte trois lignes régulières et une ligne pour le dimanche et les jours fériés. Le réseau transporte en moyenne 500 000 voyageurs par an.

Quel a été l’impact de la crise du coronavirus sur le réseau TUB ?

Valérie : Dans un premier temps, nous avons dû fermer notre agence commerciale à l’annonce du confinement. Quelques jours plus tard, nous avons complètement revu le plan de transport. Nos trois lignes régulières ont laissé la place à une seule ligne que nous avons créée spécifiquement pour l’occasion. Elle dessert les pôles générateurs de trafic, c’est-à-dire les centres commerciaux, l’hôpital, le centre-ville, ainsi que la commune de Villar-Saint-Pancrace. Nous n’assurons désormais plus huit mais deux services par jour : un le matin et un l’après-midi sur cette nouvelle ligne.

Quelles solutions avez-vous mises en place pour pallier cette crise ?

Valérie : Le plus urgent était de garantir le respect des règles d’hygiène pour la sécurité de tous, conducteurs comme passagers. Nous avons donc mis en place plusieurs dispositifs : isolement du poste de conduite, suppression de la vente de tickets à bord, suppression de la montée par l’avant du bus. L’accès au poste de conduite par les voyageurs a aussi été condamné. Au sein de notre équipe, nous avons une ancienne ASH qui s’est proposée d’assurer la désinfection des véhicules tout en respectant un protocole très strict. À la fin de chaque service, un travail minutieux est assuré. Il nécessite quatre heures d’intervention à chaque fois, par véhicule !

Comment PYSAE vous a-t-il aidé à surmonter cette crise ?

Valérie : Avec la création de cette nouvelle ligne, nous avons dû faire évoluer notre plan de transport. Le chef de projet de PYSAE a accompagné notre régulateur pour la mise à jour du plan de transport et des horaires afin de construire cette ligne spéciale. L’outil nous permet d’être autonomes sur un certain nombre d’actions : la publication d’informations voyageurs sur les perturbations du réseau, les modifications de lignes ou d’horaires, ou encore la mise en place des mesures barrières à bord des véhicules…

Comment les voyageurs ont-ils vécu cette période ?

Valérie : La plupart des voyageurs ne se déplacent plus. Nous n’avions donc plus d’interaction avec eux. Nous avons constaté une diminution de la fréquentation du réseau de l’ordre de 80%. Une clientèle minimale continue cependant d’utiliser notre service réduit. Ces rares voyageurs ont apprécié le fait que les nouveaux horaires puissent être directement consultés dans l’application de PYSAE. Les gens étaient inquiets et cela a pu les rassurer. Nous avons utilisé l’application pour diffuser des messages, notamment sur la continuité du service, les nouveaux horaires et aussi pour rappeler les mesures d’hygiène que certains voyageurs avaient du mal à retenir… L’application PYSAE a été très utile pour faire la jonction avec nos voyageurs durant cette période.

Comment qualifieriez-vous la collaboration en une phrase ?

Valérie : En bref, une collaboration rapide et efficace, avec une mention toute spéciale pour le transfert de savoir-faire et le partage d’information instantané que permet le SAEIV de PYSAE entre conducteurs, exploitation et voyageurs !